Peinture et compétences psychosociales

Quand la peinture est une ressource...

Le développement de l'intelligence émotionnelle et des compétences sociales est devenu un enjeu majeur pour l'épanouissement de l'individu au sein du collectif.

L’expression artistique peut être l’un des leviers permettant de développer ces compétences.

Cette expression recouvre à la fois :

# un potentiel émotionnel, comme moyen d'identifier et de nommer ses émotions et ses sentiments (Qu’est-ce que je ressens ?)

# et un potentiel social et relationnel, le temps créatif pouvant être un temps de rencontre et de coopération.

L’expression artistique n'est pas ici une fin en soi.

Elle représente une opportunité, un outil de médiation pour mieux se connaître, mieux comprendre l'autre et mieux vivre avec les autres.

Il s’agit d’explorer « ce que je peux créer », « ce que je peux ressentir », « ce dont j’ai besoin », « ce que je peux faire avec les autres », « comment je peux être avec les autres »...

L’expression artistique mobilise des ressources qui dépassent les codes esthétiques des arts.

Il n’y a dans la création spontanée aucun objectif de performance, de résultat.

Nous pouvons néanmoins dire que ce type d’expérience peut poser de bonnes bases pour accéder à la communication bienveillante car ce détour par la peinture spontanée permet de développer le potentiel émotionnel, social et relationnel des élèves.

À travers une approche ludique et réflexive, l’expression artistique favorise la connaissance de soi (oser faire, explorer ses émotions) tout en explorant voire en renforçant la relation à l’autre (décider et créer ensemble).  

Public visé : Cycle 2 et/ou Cycle 3

Des objectifs de développement des Compétences PsychoSociales (CPS) :

  • Cognitives : Développer l'auto-observation et la prise de décision.
  • Émotionnelles : Identifier, exprimer et réguler ses émotions par le geste artistique et ce que je peux en raconter.
  • Sociales : Développer l'empathie et le respect du travail d'autrui dans un espace partagé. Coopérer.

Méthodologie :

Un atelier de peinture spontanée permet de lever les blocages liés au "bien faire" ou au jugement.

Les consignes de départ permettent de donner un cadre clair tout en laissant ouvert le champ des possibles, l’éventail des modalités d’appropriation propres à chacun des élèves.

Le temps de parole de clôture de l’atelier permet aux élèves de mettre librement des mots sur le ressenti (médiation par l'image) et de s’exprimer selon trois axes : 1) comment je me sens ? 2) Qu’est-ce qui a été difficile pour moi ? 3) Qu’est-ce que je vois ? Qu’est-ce que j’apprécie et pour quelles raisons ? Comment je pourrai appeler ce que je viens de créer ?

 

Lien avec le programme scolaire :

Cet atelier d’expression artistique spontanée est une opportunité d'apprendre à penser par les arts. Il s'insère dans les programmes de Cycle 3 (CM1-CM2), en répondant à trois piliers fondamentaux : la pratique, la culture et l'expression de la sensibilité.

# La pratique plastique et le processus de fabrication : L'élève va s'éloigner de la simple reproduction pour entrer dans une démarche d'expérimentation. Il expérimente des matériaux et la matérialité de la peinture (épaisseur, fluidité, mélange) sans la contrainte du modèle. L’élève navigue entre l'intention et la réalisation. Il apprend à transformer le résultat d’un geste spontané, mais aussi des « accidents » (coulures, tâches, dérapages non souhaités) en une opportunité créative (adaptation constructive et positive).

# Éducation Morale et Civique (EMC) : Le programme d'EMC pour le cycle 3 vise à "identifier et exprimer ses émotions". L'atelier devient un laboratoire où l'élève met des couleurs sur des ressentis parfois difficiles à verbaliser. L’élève va ainsi explorer ses sentiments, ses sensations et ses émotions. Il s’agit également de mettre en place un rituel de fin de séance permettant d’insister sur le respect de l’autre : Lors du temps de partage final, l'élève apprend à regarder les réalisations de ses camarades sans jugement ("C'est moche/C'est beau"), mais avec empathie et curiosité. L’atelier comporte également deux séances dont la thématique principale sera la coopération et la place dans le groupe.

# Le "Parcours Éducatif de Santé" et le Bien-être : Le bien-être à l'école est une priorité croissante. La création spontanée agit comme un levier à la fois pour la confiance en soi (suppression de la peur de l'échec, pas d’obligation de savoir-faire, renforcement du sentiment personnel de l'élève du « pouvoir faire ») et pour la régulation du stress (travailler avec ses mains, manipuler). La peinture spontanée, comme le chant et toutes les activités artistiques et sportives sans obligation de performance, permet une régulation émotionnelle bénéfique au climat de la classe.

 

Une séance type

  1. Introduction : présentation de la séance (5 min)
  2. Rituel d'entrée (5 min) : Il est crucial d’entrer dans une "bulle" créative. Les élèves sont debout devant leur support car le mouvement du corps est essentiel pour la spontanéité. Pour amorcer un lâcher-prise, nous faisons un court exercice de respiration (ou de secouement des membres supérieurs, mains et épaules) comme ceux proposés par le Yoga ou le Qi gong. Nous posons le cadre : "Ici, il n’y a pas d’erreur, on ne juge pas, on ne compare pas, on respecte ce que l’on fait et ce que font les autres".
  3. Échauffement graphique (5 min) : Comme un sportif, on échauffe le geste sur une petite surface. On expérimente le trait : je leur demande par exemple de tracer une ligne qui "danse" sur la feuille au rythme d'une musique. Ces exercices d’échauffement varient suivant les séances.
  4. La création libre selon le thème du jour (45 min)
  5. Récréation
  6. La création libre (15 min) : Avoir pris de la distance pour poser un autre regard sur ce qui a été fait, finir, souligner, accentuer.
  7. Rituel de rangement (15 min) : Le rangement fait partie de la séance pour développer la responsabilisation des élèves vis-à-vis du matériel.
  8. Temps de parole libre, de partage (20 min) : Ce temps remplit deux objectifs : mettre des mots sur « ce que je ressens quand je fais » et sur « ce que j’ai créé et ce que les autres ont créé ». Nous exposons toutes les productions au sol ou au mur pour une observation collective bienveillante. Nous pouvons engager l’échange en demandant : « Comment vous êtes-vous sentis pendant que vous peigniez ? », « Qu’aimez-vous dans votre peinture ? », « Quelle zone de votre peinture préférez-vous ? ».

Dans chaque classe l'atelier est différent car, même si j'arrive avec des propositions, il se construit avec l'enseignant.e et avec le groupe.

N'hésitez pas à me contacter pour en savoir plus au 06.67.04.86.79.